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Potager sur le toit de l’école Agroparistech à Paris – Xavier Remongin

Culture hors sol ou aquaponique, à la verticale ou sur les toits… les techniques d’agriculture urbaine ont beaucoup progressé. Enjeux Les Echos, Juin 2014

C’est un magasin unique en son genre. Inauguré le 17 décembre dernier, le Whole Foods de Brooklyn est le premier, dans l’univers de la distribution alimentaire de masse, à produire in situ une partie des légumes qu’il commercialise. La serre est installée sur son toit. Une culture hors sol (suspendue), équipée d’un système avancé d’irrigation, permet de consommer vingt fois moins d’eau. La production est aussi livrée dans d’autres points de vente de l’enseigne.

L’agriculture urbaine semble bien partie pour quitter le cadre restrictif des jardins ouvriers. Cette discipline a d’autant plus de potentiel qu’elle répond à quelques-uns des grands enjeux de société actuels : l’afflux des populations vers les villes, la disparition des ceintures périurbaines agricoles, les attentes des habitants pour des circuits d’approvisionnement plus courts et, surtout, pour davantage de lien social. De quoi la rendre résolument attrayante aux yeux des urbanistes, architectes et autres designers, dont certains n’hésitent pas à lui faire prendre un tour résolument high-tech.

L’ouverture du Whole Foods de Brook­lyn s’inscrit dans un mouvement initié par quelques pionniers. Avec une production de 18 tonnes de légumes bios par an, la Brooklyn Grange Farm détient le record de la plus grande exploitation « en terre » installée sur le toit d’un immeuble. Même culture haute perchée, mais hors sol (sur un substrat minéral ou organique) pour la Lufa Farm de Montréal, qui livre ses légumes cueillis du matin. A Singapour, la palme revient à la Sky Green Farm, capable de produire verticalement une tonne de légumes tous les deux jours.

La France n’est pas en reste. L’école AgroParisTech a installé sur son toit un jardin potager expérimental, pour mesurer notamment les effets de la pollution atmosphérique sur les cultures. Dans la foulée, Nicolas Bel, l’ingénieur coordinateur du projet, a créé l’entreprise Topager afin de diffuser le concept dans des immeubles de bureaux et d’habitations. D’après une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme, la surface potentiellement « végétalisable » à Paris serait de 320 hectares. Ce qui permettrait d’approvisionner plus de 200 000 habitants en légumes frais.

L’agriculture urbaine pourrait aussi bientôt se décliner à plus petite échelle. Le designer français Damien Chivialle a, le premier, proposé un module de culture aquaponique, combinant aquaculture et culture hors sol. Composé d’un container surmonté d’une serre, le dispositif repose sur un circuit vertueux. L’eau usée sert à l’arrosage des plantes qui absorbent le gaz carbonique produit par l’élevage des poissons. Cette Urban Farm Unit permet de faire pousser 160 plants et de nourrir jusqu’à dix personnes.

Son collègue Mathieu Lehanneur en a créé une version d’appartement, similaire dans le principe mais beaucoup plus branchée dans la forme, qu’il a baptisée Local River. Quant à deux autres designers français, Gaëtan Laot et Pierre-Marie Malfondet, ils viennent de mettre au point un système de potager coulissant à installer sur les façades des immeubles, directement accessible depuis les fenêtres des occupants.

Stefano Lupieri

 

http://www.lesechos.fr/enjeux/les-plus-denjeux/bonus/0203540096000-quand-les-legumes-repoussent-en-ville-1009395.php#xtor%3DCS1-26

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